Libérer nos talents pour créer de la valeur!

Libérer nos talents pour créer de la valeur!

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 Un échange avec une collègue

  • Cadleen, les outils de communication sur la progression des enfants dans nos milieux sont désuets. Est-ce qu’on peut les changer?
  • Qui a l’autorité de prendre cette décision?
  • …?
  • Qui communique la progression de l’enfant?
  • Euh.. moi? Je veux dire, chaque professionnel…
  • Est-ce que cette décision fera du tort à Déclic?
  • Je ne pense pas. On ne ferait qu’actualiser notre documentation et …
  • C’est celui qui fait qui sait!
  • ?? Mais est-ce que je peux?
  • Si c’est toi qui fait, c’est toi qui sait. Si ce que tu fais est cohérent avec la raison d’être de Déclic, alors je t’invite à faire ce dont ton rôle a besoin. Au besoin, tu peux solliciter l’avis de ceux qui en seront impactés.
  • Tu as raison. Je ne suis pas habituée de prendre des décisions. C’est étourdissant mais je sens que je vais vraiment m’épanouir ici. Une fois mes changements avancés, je vais les présenter à notre prochaine rencontre hebdomadaire.

Un changement de culture toujours en progression

 Cette transformation nous a pris deux ans! Le chemin a été long et  nous y sommes toujours! Choisir de transformer son organisation en environnement non hiérarchique n’est pas un but mais une voie. Ça devient une façon de vivre. C’est aussi, en toute honnêteté, toujours à recommencer. Autoriser les professionnels à prendre leur décisions, à écouter leurs intuitions et à poser des actions afin de créer plus de valeur pour les enfants que nous accompagnons, ça parait facile et logique, mais c’est un défi. La transition est d’autant ardue lorsque nous sommes habitués aux structures existantes du réseau en santé et en éducation. Ces environnements sont hiérarchiques et lorsque les gens sont consultés, la méthode préconisée est souvent le consensus. Nous croyons chez Déclic que ces structures et ces méthodes étouffent les talents.

 En 2015, nous ouvrions une deuxième succursale à Laval et j’étais encore *Présidente Directrice Générale*. Durant cette période, j’ai été confrontée aux limites d’une organisation hiérarchique classique. Chaque décision passait par moi et même si c’était flatteur pour l’égo, je devenais un frein pour Déclic. Occuper ce rôle décisionnel ultime m’étouffait. On commençait à créer des formulaires pour tout et pour rien, on cherchait constamment le consensus et je sentais que Déclic devenait un mini gouvernement….beurk! Le réflexe habituel des organisations est alors de créer des postes de directeurs. Étant bien conseillée, j’ai décidé de faire le contraire. Déclic s’est dépouillé des titres de direction et nous avons débuté à accorder les rôles et les responsabilités en fonction des talents de chacun.  En 2016, Déclic a entamé son virage vers l’entreprise humaniste (aussi appelée opale, intraprenante, ou libérée). En bref, nous avons conçu une structure plus authentique et porteuse de sens. Au fil du temps, nous avons appris à partager le pouvoir et à laisser plus de place à l’autorité de chacun. Nous avons choisi une structure qui correspondait à nos valeurs et à notre vision. Cette méthode a pour but de libérer les talents afin de créer plus de valeur.

Une machine à faire rayonner 

J’avais toujours rêvé que Déclic soit un milieu où les êtres qui y évoluent soient considérés pour ce qu’ils ont à apporter et que nous soyons tous imputables de nos actions. Je rêvais de pouvoir avoir des discussions d’égal à égal avec mon équipe et de transiger vers une organisation auto-gouvernée et porteuse de sens. Était-ce une utopie ? Mes collègues entrepreneurs me disaient idéalistes. J’ai été traité de « Mère Teresa », de celle qui en faisait trop pour son équipe… mais je n’étais pas d’accord avec ces visions. Je réalisais une incohérence qui prenait de plus en plus de place. Il y a un non sens à s’entourer de gens matures, professionnels et compétents dans leur domaine d’activité, et de leur dicter la marche à suivre. C’est devenu simple pour moi : Il nous faut être en phase avec notre raison profonde de “faire rayonner les talents des enfants”, et traiter nos professionnels de la même manière. Si Déclic est une “machine” à faire rayonner, ça devrait s’appliquer à tous : enfants, professionels, clients, gestionnaires et parents.

 J’étais désireuse de déployer une équipe qui sait prendre les choses en main, créer des outils et se responsabiliser. Mais les questionnements en boucle s’accumulaient; Qui suis-je pour décider ce qu’il faut pour les professionnels de mon équipe? Comment prétendre savoir ce qu’il y a de mieux pour l’enfant si ce n’est pas moi qui suis en contact avec lui? Comment avoir des prises de décisions responsables et centrées sur le bien commun si les chiffres ne sont pas connus par tous? Mais la question la plus importante, et celle qui m’a ramené vers notre chemin, est encore celle liée à notre mission de faire rayonner les talents : Comment puis-je oser dire que nous faisons briller le potentiel des enfants si nous ne créons pas l’espace d’abord et avant tout pour nous-mêmes?

 Aujourd’hui, Déclic est une organisation fière de sa culture humaniste. Nos professionnels sont libres d’exercer la pleine autorité à travers les rôles et responsabilités attribués en fonction de leurs talents. C’est une fierté de constater que nos individus sont passionnés, libres et ont trouvé le sens de chacune de leurs action.

 

Cadleen Désir

Fondatrice

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