COVID-19 : La vie chamboulée

COVID-19 : La vie chamboulée

 

L’annonce est tombée : fermeture des écoles et des garderies. Les jours suivants; tous les établissements ferment et les rassemblements publics interdits.

Un air tension flotte, la maisonnée est fébrile.

L’inconnu, la nouveauté de cette situation exceptionnelle jamais vécue auparavant, le sentiment de contrôle nous échappe, la situation est imprévisible d’un jour à l’autre. Tous les éléments sont réunis pour une bonne dose de stress. 1

Mais comment pouvons-nous expliquer la situation aux enfants sans les faire paniquer et comment allons-nous organiser les deux prochaines semaines!?

L’importance de discuter

Il est important de prévoir un espace de discussion avec nos enfants. Expliquer ce qu’est un virus et pourquoi la prévention est nécessaire.

« Tu sais mon loup, quand tu as la grippe et qu’on te demande de tousser dans ton coude? C’est pour prévenir que tu transmettes tes microbes aux autres. Maintenant le virus est contagieux comme une super-grippe et se transmet plus rapidement. C’est pourquoi on a dû fermer ton école. Comme quand tu tousses dans ton coude, la fermeture de tous ces endroits permet de ralentir la transmission du virus. »

Ensuite viendront peut-être les questions et peut-être pas. L’important est de laisser l’espace pour discuter et laisser place aux émotions pouvant surgir. On répond aux questions en fonction de l’âge de l’enfant, dans ses mots. Pas plus, ni moins. On relate les faits et on rassure.

“Qu’est-ce que tu connais du covid-19? » Et on poursuit: « Qu’est-ce que tu aimerais savoir »

Ainsi, ça nous permet comme parent de se mettre à niveau sur les connaissances de notre enfant, d’ajuster notre message, de livrer l’information en douceur, à son rythme, sans que ce soit excessif et sans tomber dans la sur-information (effet notable sur le sentiment de sécurité, donc sur l’anxiété).

Redonner le sentiment de contrôle

Il faut savoir que moins on a l’impression d’avoir le contrôle sur la situation, plus l’anxiété augmente. Afin d’accompagner les enfants, j’aime bien leur retourner la question pour les amener à les faire réfléchir, à leur niveau. Ainsi, leur sentiment de contrôle augmente et bien souvent, ils vont réussir à trouver leurs propres réponses.

 « Qu’est-ce que tu en penses mon loup? Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour aider dans la situation? Bien sûr! Se laver les mains souvent, poursuivre tes lectures et quelques révisions pour ta réussite scolaire, appeler grand-papa, grand-maman à tous les jours pour prendre de leurs nouvelles, s’amuser, bouger! »

Garder une certaine routine

La pédopsychiatre Dr Cécile Rousseau nous suggère de planifier l’isolement volontaire comme on planifie des vacances. La routine est sécurisante pour les enfants. Vous serez peut-être aussi en télé-travail. L’instauration d’une petite routine sera facilitante pour tous! On se fait un petit horaire, tout en maintenant une flexibilité! On se lève, on déjeune, on se brosse les dents comme à l’habitude et on instaure des petites plages dans la journée avec des thèmes : jeux libres, lecture, jeux extérieurs et jeux de société en famille. On limite l’exposition aux écrans et aux nouvelles continues ce qui peut augmenter l’agitation chez nos enfants.

L’occasion de progresser et de s’entraider

Cette quarantaine sera le moment de se rapprocher, de s’arrêter, de s’ancrer dans le moment présent et de vivre les valeurs de l’entraide. Pourquoi ne pas en profiter pour se centrer sur un projet personnel ou familial, un moment pour progresser personnellement même dans la “pause”.  Et si nous avions l’opportunité de “juste prendre le temps d’être ensemble”.

Marie-Claude Monette, Psychoéducatrice

 

1 LUPIEN, Sonia. Par amour du stress. Éditions au Carré. Sutton, Québec. 2010. 274 pages.
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