L’histoire d’une maman

L’histoire d’une maman

L'histoire d'une maman

Chez Déclic, nous avons le privilège de croiser des familles exceptionnelles. Toutes ont une petite histoire bien à elles… une histoire comportant bien souvent des épisodes de stress, d’inquiétudes et de découragement. Mais, ces mêmes histoires sont généralement parsemées de belles réussites, de courage et d’amour…

Voici une histoire magnifique : celle de Sonia et de sa merveilleuse famille!

Un bébé tout neuf et de grands espoirs…

Par un beau matin enneigé du 25 février 2001, jour de tempête suprême… Je mettais au monde l’aîné de mes 4 garçons, celui en qui j’avais fondé mes espoirs grandioses de mère. Les parents rejettent trop souvent leurs souhaits sur leur aîné… Vincent a commencé à marcher à 10 mois, plus vite que les bébés de son âge. J’étais une maman fière. En plus, mon beau Vincent est venu au monde avec des bouclettes blondes comme notre petit cupidon. À l’âge de 3 ans, il ne parlait toujours pas, il pleurait quand il voulait quelque chose et il pointait. Son père et moi avons cru naïvement que c’était une réaction à son petit frère (car un deuxième bébé s’était joint à notre petite famille!); il se refermait petit à petit. Il ne voulait pas être propre; si je changeais un meuble de place, je ne dormais pas pendant trois, voire quatre jours tellement il pleurait. Il rangeait ses jouets le long des murs. Je dois dire que je trouvais ça mignon et pratique. (Avez-vous déjà mis le pied sur une voiture dans le milieu du chemin? ) Bref, à 5 ans, il ne disait que quelques mots de base, était encore aux couches et …débutait la maternelle. Non, il n’allait pas à la garderie, c’était trop de gestion pour lui; le bruit, les gens et le jugement. Les débuts à la maternelle ne furent pas de tout repos, ni pour lui, ni pour nous. Je vous épargne les détails entre les profs qui veulent que mon fils soit médicamenté pour être plus attentif, les spécialistes qui te disent quoi faire et parfois qui se contredisent, les suivis, la stimulation et les dix mille autres rendez-vous…. Ah oui, je vous ai dit que j’étais enceinte de bébé 3? J’étais épuisée et je me demandais comment faisaient les parents pour y arriver. J’ai réalisé du coup, que notre couple était fort en titi pour passer au travers de toutes ces remises en question et, n’oubliez pas que nous sommes en train de constater que notre enfant a de gros défis et que nous sommes sur le point d’avoir un troisième bébé!

Le diagnostic tombe…

Pas évident! Nous avons eu le diagnostic comme un coup de massue dans le front, entre les deux yeux, c’est violent comme image, car, quand j’ai eu les diagnostics de notre beau Vincent, je venais d’accoucher de bébé 4, en fait, j’étais encore à l’hôpital. Vincent avait 7 ans et demi. TSA modéré avec de la dysphasie sévère. BANG! Le choc!

La joie, c’est que Vincent est passé d’une école régulière à une école spécialisée en moins de deux et mes autres enfants ont été testés et suivis (tant qu’à être là-dedans!)

Nous sommes passés de dix milles rendez-vous à deux millions, mais nous avons eu le dépistage tôt et du service rapide! Colin, mon bébé 3, a aussi eu ses diagnostics à cette époque, oui, oui SES diagnostics, car chez nous, ça vient en équipe! TSA modéré avec dyspraxie moteur et verbale. Des défis, il y en avait des tonnes à relever avec nos enfants …

La suite…

Maintenant, demandez-moi comment je vais? Eh bien, j’ai travaillé en finance pour ensuite retourner aux études en TES afin de travailler avec les petits amours qui sont TSA. Mais, entre ça, j’ai été maman à la maison, avec les titres de maman et gestionnaire de rendez- vous! Ah! ah! ah!

Et je travaille enfin, je suis TES, Intervenante en autisme et membre de la belle famille de spécialistes chez Déclic. Je rencontre des familles comme la mienne au quotidien. Je comprends, je pleure parfois avec les parents qui viennent d’apprendre la nouvelle concernant leur enfant. Je connais le sentiment (ce coup de pelle dans le front qui blesse tant…) d’impuissance, de culpabilité (même si nous savons tous qu’il n’y a pas de culpabilité à y avoir, on se culpabilise quand même!)

Aujourd’hui, mon grand Vincent a 17 ans, mon deuxième, 15, le troisième, Colin, 12 et le dernier 10 ans. Les suivis se font encore pour mon Colin avec des pauses (yeah !!!) Ils ont fait des progrès dont nous sommes tellement fiers! Et vous savez quoi? Je suis une maman heureuse d’avoir ces 4 beaux garçons!

 

Sonia Laboursodière

Intervenante en autisme, Déclic

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