Grandir dans un monde numérique

Grandir dans un monde numérique

Les écrans sont omniprésents dans notre environnement. Les enfants d’aujourd’hui sont nés avec un téléphone dans une main et un iPad dans l’autre. En effet, les tout-petits, et les adultes, passent souvent trop de temps à écouter la télévision, ou Netflix, à naviguer sur un ordinateur, à jouer sur un téléphone ou sur un iPad. L’exposition aux médias numériques est d’ailleurs en hausse dans les familles canadiennes[1].

Est-ce qu’il y a un temps limite « d’utilisation d’écran » recommandé pour les enfants?

Quels sont les impacts nocifs et les bienfaits associés?

C’est à nous d’établir les limites pour le bien du développement général de notre enfant. Faut-il encore être en mesure de comprendre les effets néfastes et positifs possibles.

Le « temps d’écran » réfère au temps combiné passé devant les différents types d’écran, soit; téléphone, ordinateur, jeux vidéo, télévision, iPad/tablette électronique, etc.

L’exposition aux écrans en bas âge pourrait avoir un impact déterminant sur le développement de votre enfant.

Les effets sur la santé et le bien-être

Les impacts négatifs possibles[2] :

• Sédentarité (manque d’activité physique, surpoids) ;

• Entrave le sommeil ;

• Limite la stimulation / les interactions sociales / la découverte de son environnement ; donc diminue les apprentissages ;

• Impact sur le développement global de l’enfant (langagier, socioaffectif, cognitif, psychosocial, etc.) ;

• Impacts possibles sur le comportement ;

• Impacts possibles sur l’attention, la mémoire et les fonctions exécutives ;

• Difficulté d’apprentissage ;

• Créer une dépendance (augmente la probabilité de surutilisation dans la vie de l’individu).

Les impacts positifs possibles[3] :

• Peut aider l’enfant à acquérir des attitudes pour contrer la violence, apprendre l’empathie et le respect ;

• Moyen supplémentaire pour favoriser le langage et l’alphabétisation des enfants.

« Les applications interactives d’apprentissage de la lecture et les livres numériques peuvent favoriser l’alphabétisation précoce en incitant les tout-petits à s’exercer à reconnaître les sons, les phonèmes et les mots. Cependant, même si les écrans peuvent contribuer à l’apprentissage linguistique de l’enfant d’âge préscolaire lorsqu’un parent ou une personne qui s’occupe de lui regarde le contenu avec lui et lui en parle, celui-ci apprend mieux (sur le plan de l’expression et du vocabulaire) lors d’échanges réels et dynamiques avec des adultes qui se préoccupent de lui » (SCP, 2017).

Toutefois, le plus bénéfique restera toujours la lecture partagée avec un livre de papier.

 

Quand est-ce trop ?

Établir des limites de temps
ÂgeRecommandationsPourquoi?
0 à 2 ans
Éviter/Décourager le temps devant les écrans.

Augmenter le temps d’échanges directs avec votre enfant.

Saviez-vous que les enfants apprennent dans des vraies interactions de la vie ? Passer du temps sur les écrans ne permet donc pas une stimulation pour favoriser les apprentissages. Les enfants ont un besoin important d’activité interactive, soit lorsqu’il est impliqué dans un échange social. Le temps d’écran diminuerait donc le temps d’interaction avec l’environnement.

« Des données concrètes démontrent que les nourrissons et les tout-petits éprouvent de la difficulté à transférer de nouveaux apprentissages d’une représentation bidimensionnelle à un milieu tridimensionnel (c’est-à-dire de l’écran à la réalité) et qu’à cet âge, la télévision est peu susceptible de nourrir leur apprentissage. En revanche, les applications interactives d’apprentissage de la lecture et les livres numériques peuvent favoriser l’alphabétisation précoce en incitant les tout-petits à s’exercer à reconnaître les sons, les phonèmes et les mots. Cependant, même si les écrans peuvent contribuer à l’apprentissage linguistique de l’enfant d’âge préscolaire lorsqu’un parent ou une personne qui s’occupe de lui regarde le contenu avec lui et lui en parle, celui-ci apprend mieux (sur le plan de l’expression et du vocabulaire) lors d’échanges réels et dynamiques avec des adultes qui se préoccupent de lui » (SCP, 2017).

2 à 5 ans
Limiter le temps devant les écrans à 1 heure par jour 
(20 min./session max).

- Toujours en présence d’un adulte (contrôler le contenu);

- Privilégier le contenu éducatif;

- Montrons l’exemple ; diminuons notre   propre utilisation des écrans.

Le manque d’interaction sociale et/ou d’activités exploratoires est un facteur pouvant expliquer un retard de langage ou une atteinte au niveau du développement de l’enfant.

De plus, on ne sait pas encore si l’exposition précoce aux médias sur écran modifie le cerveau en développement. Autant faire attention !

5 à 11 ans
Limiter le temps devant les écrans à 2 heures par jour (30 min./session max).
12 à 17 ans
Limiter le temps devant les écrans à 2 heures par jour.

« Au Québec, les enfants de deux ans et demi passeraient en moyenne, un peu moins de neuf heures par semaine devant la télévision. Chez les enfants de quatre ans et demi, c’est près de quinze heures. Il ne s’agit là que des données relatives à la télévision donc il y a fort à parier que le temps total d’écran dépasse les chiffres avancés. Pour une population de cet âge, le maximum hebdomadaire NE devrait PAS dépasser sept heures » (INSPQ, 2016).

Le but n’est donc pas d’éliminer les écrans de nos vies, mais d’en faire une utilisation judicieuse.

 

Comment profiter des écrans

Le contenu optimal

  • Respecter la recommandation de « temps d’écran » selon l’âge de votre enfant.

o   Le temps maximal par jour ;

o   Le temps maximal par session.

* Tenir compte que le temps maximal est calculé avec l’utilisation de tous les écrans (ordinateur, télévision, téléphone, etc., et ce, même lorsque c’est mis en arrière-plan).

  • Contrôler le contenu et l’environnement

o   Privilégier un contenu éducatif approprié pour l’âge de l’enfant ;

o   Sélectionner un contenu sans publicité pour réduire l’exposition à celles-ci (Faire attention aux messages sur l’image corporelle, la violence, la diversité, etc.) ;

o   La participation active d’un adulte permet un environnement plus propice à des nouveaux apprentissages comparativement à un enfant seul devant un écran ;

o   Combiner avec des jeux créatifs et actifs (p.ex. application yoga/ danse/activités physiques pour les enfants) ;

o   Choisir ses moments : éviter les écrans durant les repas et avant le coucher;

o   Éteindre les écrans lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

  • Informer son enfant … C’est quoi Internet et les responsabilités qui y sont associées ? (Selon son âge ; voir l’image « des écrans adaptés à chaque âge »)

o   L’internet est un endroit public,

  • Expliquer la notion de protection de sa vie privée ;
  • Expliquer la notion de permanence de l’information lorsqu’on la publie ;
  • Expliquer que tout ce qu’on retrouve sur Internet n’est pas toujours vrai

(Aider votre enfant à développer une pensée critique par rapport au contenu, démontrer la différence entre une source fiable et non fiable)

  • Expliquer la notion du respect de soi et des autres, et ce, malgré que ce soit un milieu où on ne voit pas l’autre personne (l’intimidation, c’est non, même sur Internet).
  • Offrir un bon modèle

o   Pourquoi ne pas vous aussi limiter votre temps d’écran afin de passer davantage de temps de qualité avec votre enfant et lui offrir un bon modèle ? Faire attention aux abus et établir un équilibre ;

o   Remplacer le temps d’écran par des activités saines tel que la lecture, les jeux à l’extérieur, les activités créatives qui sollicitent l’imaginaire de votre enfant.

En conclusion, privilégiez du temps de qualité avec votre enfant.

Geneviève Turgeon,

Orthophoniste, M. Sc. S., O(C)

Voici des documents de rappel que vous pouvez afficher à la maison:


 

[1] Société Canadienne de Pédiatrie (SCP), 2017.

[2] Institut National de santé publique du Québec (INSPQ), 2016 et SCP 2017.

[3] Société Canadienne de Pédiatrie (SCP), 2017.

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