Synopsis

Un bluesman canadien, Bob Harrisson

par Marc CHAMPAGNE

Le blues est joué partout à travers le monde et dans chaque pays
il existe des artistes qui se démarquent tant au niveau musical
qu’au niveau de l’influence que ceux-ci exercent dans leur milieu.

Je vous présente donc un personnage qui est considéré ici au Québec
comme l’un des plus illustres représentant de cette catégorie bien spéciale
et qui a pour nom Bob Harrisson.

Né à Cowansville, Bob fait ses débuts sur scène à l’âge de sept ans. Déjà à ce moment il sent que cet amour de la scène ne le quittera plus. Se faisant connaître comme batteur il forme avec son frère Jacques en 1970 un groupe de Jazz-Rock progressif nommé Dillinger. Puis en 1979 il rejoint le groupe Rock Offenbach avec qui il enregistre trois albums tout en faisant de nombreuses tournées partout au Québec.

En 1981 il réoriente sa carrière pour cette fois se donner entièrement au Blues qui est sa grande passion. Troquant la batterie pour la guitare et le chant il formera rapidement le Bob Harrisson Blues Band et à partir de 1982 lui et son band se produiront maintes fois au Festival International de Jazz de Montréal. Doué d’une voix taillée sur mesure pour le Blues notre ami est devenu rapidement un maillon très important de la scène Blues québécoise. Préconisant un dialogue constant avec son public il est doté d’un sens de l’humour et de la répartie qui lui permettent de créer une relation particulière avec son auditoire.

Une autre facette de sa personnalité est le fait qu’il ait donné à de nombreux artistes la chance de se faire une place sur la scène Blues locale. Que ce soit à titre de directeur musical de ce qui fut en 1995 la plus grande boîte de Blues au monde ( Berri Blues qui est devenue par la suite le Medley ) ou encore comme organisateur d’événements Blues, il ne perd jamais une occasion de permettre aux artistes de la relève de faire leurs premières armes.

La preuve de cet énoncé étant que depuis le début de sa carrière de bluesman en 1981 on ne compte plus les noms d’artistes qui ont fait partie de la cour du « Grand Bob » comme on le surnomme affectueusement dans le milieu. Quelques noms : Carl Tremblay, Steve Hill, Dan Bigras, Gerry Boulet, Jim Zeller, Bob Walsh, Marjo, Jano Bergeron, Normand Bratwaith, Johanne Blouin, France Castel, Gino Seram, Mick Taylor, Kenny Hamilton, Plume Latraverse, Luce Duffault, Loulou Hughes, Breen Le Boeuf, John McGale, Gaston Gagnon et combien d’autres.

Mais qui mieux que l’artiste lui-même pour nous décrire la passion qui l’anime ?

Écoutons-le : « Jouer du Blues, c’est sortir tout ce que l’on a dans les tripes, son cœur, sa tête. C’est un échange, une complicité entres musiciens. On improvise, on s’écoute, on se parle et on se répond. On fait des passes et on se surpasse. »

« Notre Blues diffère complètement de ce qui se fait à Toronto, Vancouver ou aux États- Unis, puisqu’il possède ce petit côté latin bien spécial et aussi….. parce qu’il est plus drôle. » « Le Blues c’est pas de la culture qui vient de l’intellect. Le Blues c’est des tripes, du feeling. » « Le Blues, c’est une question de feeling, une manière de chanter. C’est physique, c’est basé sur l’énergie. »

« Pour moi, rien n’égale le Blues, la musique de l’âme, viscérale et pacifique, à l’origine du Jazz, du Rock et du Pop. » « Être bluesman, c’est strictement une attitude, un état d’esprit, une âme. Tu ne te sens pas comme un technicien musical. Tu vis la musique. On parle pas de notes, on parle de feeling. »

Considéré ici comme le roi du Blues notre ami Bob Harrisson avec sa voix chargée d’émotions et sa présence magnétisante constitue bel et bien l’un des fondements de la communauté Blues d’ici. Il est pour nous une sorte de monument que je comparerais à un Willie Dixon au niveau du rayonnement personnel.

 

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