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Un grand écrivain des Années
Folles :
En exclusivité : lisez une nouvelle d'Henri Duvernois, Amateurs ! Inutile d'ouvrir votre dictionnaire pour y chercher le nom d'Henri Duvernois : il n'y figure plus depuis bien longtemps! Mais si vous possédez une encyclopédie en vingt volumes, vous pourrez lire que cet écrivain des Années Folles, à qui l'Académie française décerna son Grand Prix de Littérature en 1933, écrivit des romans, des contes, des nouvelles, des comédies et même des opérettes. Tout le monde connaît la célèbre chanson Sous les Palétuviers créée par la géniale Pauline Carton... Mais qui se souvient qu'elle est extraite de l'opérette Toi, c'est moi, écrite par Duvernois en 1934 ? |
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Il n'y a pas si longtemps, deux romans de Duvernois étaient adaptés pour la télévision, dans la collection Les Amours des Années Folles. Pour le cinéma, Henri Verneuil avait réalisé en 1958 un somptueux film intitulé Maxime (tiré du roman du même titre), dans lequel jouaient Michèle Morgan, Charles Boyer et Arletty. Sait-on que vingt films furent tirés des oeuvres de Duvernois entre 1920 et 1950 ? |
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Après cela, il est triste de constater dans quel Purgatoire est tombé ce charmant écrivain... Seule, une rue à Paris et une avenue à Antibes évoquent encore son souvenir. |
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Henri Duvernois, de son vrai nom Henri Simon Schwabacher, est né à Paris en 1875, d'un père hongrois et d'une mère hollandaise. A l'âge de 11 ans, il perd son père qui exerçait la profession de marchand de diamants. Après des études moyennes, il entre, à 17 ans, comme secrétaire de la "Bibliothèque Charpentier", célèbre collection de l'époque. Puis il devient journaliste et collabore à nombre de journaux et revues, dont Le Journal, Le Matin, Fémina, Comoedia, Candide ou encore L'Illustration. |
![]() Portrait d'Henri Duvernois |
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Il commence à écrire des nouvelles, sur le conseil de Catulle Mendès, qu'il publie dans les journaux, et peu après en volumes : Les Marchandes d'oubli, Fifinoiseau, Le Chien qui parle, La Lune de Fiel, etc... Georges Simenon, pour qui Duvernois incarnait la réussite, a écrit : "Mon rêve était d'avoir un conte chaque semaine dans Le Matin, comme Henri Duvernois". Duvernois rencontre son premier succès en 1908, avec Crapotte,, un roman qui lui valut nombre d'éloges de la part de ses confrères. En 1910, Duvernois épouse Margaretha Liebmann, née en Allemagne, qui est alors, sous le pseudonyme de Rita del Erido, une célèbre écuyère de cirque. Egalement comédienne, elle a tenu un rôle de cowboy dans Les Pirates de la Savane, au Châtelet, où elle traversait la scène au galop d'un cheval fougueux ! En 1906, elle fait sensation dans La bonne à rien faire, une pièce en 2 actes, où l'on apprécie beaucoup plus sa plastique que ses talents d'actrice. Artiste complète, elle compose des valses, joue de la flûte, et peint sur porcelaine. Curieusement, elle n'a jamais été l'interprète des comédies de son mari. 1914. Après avoir été blessé, Duvernois sert comme infirmier à la "Villa Molière" où il fait la connaissance d'Apollinaire, venu là pour y être trépané en mai 1916. Séparés par la suite, les 2 hommes continueront à s'écrire jusqu'à la mort du poète, le 9 novembre 1918. |
![]() Un célèbre roman de H. Duvernois |
En 1919, Duvernois publie Edgar, fruit de 4 années de souffrance, roman qu'il dédie à sa femme et dont "André Breton disait lui-même que c'était l'un des romans les plus surréalistes du monde". Deux ans plus tard, Sacha Guitry adapte une célèbre nouvelle de Duvernois, Morte la Bête..., en une pièce intitulée Jacqueline. Ensemble, et avec Fayard, ils fondent Les Oeuvres Libres. Guitry et Duvernois sont très amis. Puis le succès vient avec des comédies en un acte telles que La Dame de Bronze et le Monsieur de cristal ou Seul. |
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A partir de 1922, la grande comédienne Gaby Morlay devient l'interprète fétiche de Duvernois. Celle-ci fonde même sa propre maison de production pour adapter et jouer Jeanne au cinéma. C'est le début d'une longue amitié dont ils ont "fixé", en 1931, les voix sur deux disques qui sont en fait les premiers essais de théâtre phonographique... Très intéressé par le cinéma, il signe les dialogues de 5 films, dont Le Scandale de Marcel Lherbier. Il devient très ami avec Colette, et c'est à lui qu'elle doit "la reposante habitude du papier teinté de bleu." Marcel Proust, Jean Cocteau, Rachilde, Edmond Jaloux pour ne citer qu'eux, connaissent et apprécient Duvernois. A Antibes où il possède une villa, le Tout-Paris ne manque pas de s'arrêter pour saluer l'écrivain à présent célèbre. Mistinguett, Dranem, le peintre Van Dongen, ou Maurice Donnay sont des habitués de la "Villa Marguerite". Gastronome et incorrigible gourmand, Duvernois a coutume de dire à ses amis réunis en son domaine antibois : "On vit ici dans les parfums. De telle sorte qu'on mange toujours des raviolis au citron, un rumsteack à la jacynthe et du gruyère au mimosa." En 1929, André Gide découvre par hasard Duvernois. Le
très critique auteur de La Porte étroite ne tarit
pas d'éloges : "Car ce qu'écrit Duvernois, et qui
comporte parfois des moments d'une réussite unique, - je sais
ce que je dis, - n'est pas fait pour le public auquel il s'adresse et
qui le reçoit. Il est trop fin, trop délicat, trop subtil
pour lui plaire. Alors, il ne satisfait pas ceux qui le lisent, et ceux
qu'il devrait toucher ne le lisent pas...." De 1931 à sa mort, il publie des romans tels que Les Soeurs Hortensias, La Poule, A l'ombre d'une femme ou encore L'Homme qui s'est retrouvé, son unique roman fantastique. Riche et célèbre, nommé Commandeur de la Légion d'Honneur, il meurt en janvier 1937, à 62 ans, des suites d'une grave maladie de l'estomac. Il est inhumé au Père-Lachaise, à quelques tombes de celle de Courteline et d'Oscar Wilde. Sa femme l'y rejoint en 1959. Quatorze livres posthumes, dont 5 inédits, paraîtront jusqu'en 1964. |
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A propos de l'auteur... Laurent François est comédien, auteur-compositeur et interprète. Passionné de littérature, il est constamment à la recherche de l'artiste de talent injustement méconnu qu'il tente de réhabiliter. C'est pourquoi il a créé en 1992 Les Amis d'Henri Duvernois, (13 rue de Marseille, 75010 Paris) dont il est le président. |
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Pour en savoir plus sur H. Duvernois
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